08/06/2011
Objecteur de conscience, de croissance et de confiance ?
Demi-tour sur l’inertie du paradigme dominant
Nous vivons dans un rêve dans lequel la technologie va résoudre le problème de la finitude indéniable des ressources énergétiques et matérielles, hydrocarbures et minérales. L’espèce humaine par sa domination de la nature trouvera ainsi l’autosuffisance alimentaire et énergétique quelque soit sa population. L’entropie matérielle et énergétique sont une réalité, mais par forcément une fatalité. Bien évidemment, ce genre de discours qui remet en cause le dessein d’immortalité, l’espoir de vie immuable et nous mets face à la fragilité de la vie est difficile à accepter. C’est pourquoi, l’être humain préfère se cacher derrière cette croyance de positivité, d’accroissement, d’agrandissement, d’augmentation de la vie qu’il transfère sur l’ensemble du système politique, économique et monétaire. Ce dernier, avec ses modalités propres, nous a peut-être permis d’en arriver là où nous sommes, mais il semble qu’il soit désormais dérisoire de continuer à croire que c’est le système le plus approprié pour relever les défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. Il rejette ainsi l’idée même de diminution, déclin, décadence, accroissance car il en a peur quitte même à conserver un système basée sur la pulsion de mort. La conscience en prend un coup, et la confiance dans notre système politique, économique et monétaire aussi. Objection votre honneur, repensons notre système, reconsidérons nos richesses, métamorphosons nos outils politique, économique et monétaire pour transformer notre vision. Récusons l’unicité de la vision et de l’outil utilisé pour l’atteindre, l’argent n’est pas la fin, c’en est fini.
Le Club de Rome publia en 1972 le rapport MEADOWS - Halte à la croissance ? suivi en 1974 de Stratégie pour demain. En effet suite aux contestations de la société de consommation en 1968 qui lui donna naissance, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology remettent en cause la croissance du développement économique conventionnel par la prise de conscience de ses conséquences sur les ressources énergétiques et minérales. La futurologie, le DIKW-Data Information Knowledge Wisdom, The Revenge of Gaia de James LOVELOCK s’en inspirent. En 1993, pour équilibrer la pensée rationnelle grâce à l’intuition et la créativité, le Club de Budapest est fondé, puis en 2007 son réseau est initié.
« L'humanité n'a pas su faire la distinction entre la croissance et le développement. La croissance comme fin en soi, c'est la stratégie des cellules cancéreuses. C'est la prolifération incontrôlée, illimitée, sans égard pour le système qui la supporte, qui aboutit à la dégénérescence et à la mort. Le développement, au contraire, c'est la stratégie de l'embryon : mettre les choses qu'il faut à leur place et en temps voulu, et en veillant à respecter leurs relations. »
Déclaration de l'assemblée du Conseil œcuménique des Églises (Canberra, 1987)
C’est le 3 Mars 2009 que j’ai rencontré Fabrice FLIPO, chercheur à Research & Degrowth et organisateur de la seconde conférence internationale sur la décroissance ayant eu lieu à Barcelone du 26 au 29 Mars 2010. J’ai par la même occasion rencontré Bruno CLEMENTIN, président de l'Institut d'Études Économiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable et auteur d’une bibliographie sur le sujet. Le 30 Juin 2010, je fait la rencontre de l’anthropologue Gilbert RIST à Genève. Le 6 Juillet 2010, je rencontre, à l’Institut de Hautes Études Internationales et du Développement, Jacques GRINEVALD qui a traduit en 1979 l’ouvrage The Entropy Law and the Economic Process de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN, le père de la Bioéconomie, avec le titre Demain la décroissance : Entropie-écologie-économie. C’est lui qui insuffla pour la première fois ce terme de Décroissance. Le 6 Octobre 2010, je suis invité à la conférence à Lausanne de Vincent CHENET, fondateur de Casseur de Pub et rédacteur en chef du journal La Décroissance né en Mars 2004. J'ai ainsi rencontré les deux bastions théorique de la décroissance, Lyon / Saint-Etienne, réfutant Malthus, et Genève autour de l'IHEID.
Développement durable ou décroissance soutenable ?
Pour éviter une croissance du développement économique durablement et donc sans fin qui impliquera forcément l’épuisement des ressources épuisables en conservant l’injustice de leur accès, la décroissance soutient un décroissance des peuples en sur-consommation et sur-production afin de permettre un progrès soutenable de l’ensemble des nations selon des critères plus immatériels que matériels : « moins de biens, plus de lien ». Que ce soit au travers d’un site autogéré par des groupes locaux, au grâce au journal Le Sarkophage < http://www.lesarkophage.com/> de Paul ARIES membre du jury international de l’association Slow Food, le journal L’âge de faire, L’Écologiste, l’encyclopédie Ekopedia, ou la revue Silence, la décroissance génère dialogue et appropriation de ce courant de pensée. La revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia, lancé en Novembre 2006 fait référence au grec entropè, action de se retourner, regarder par-devers soi afin de contempler le chemin parcouru et prendre le temps de se demander s’il ne vaudrait pas mieux en changer. Aussi, la Revue du M.A.U.S.S. Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales nous propose l’article de Fabrice FLIPO du 24 Avril 2007 intitulé Voyage dans la galaxie décroissante.
De nombreux article autour de la décroissance sont a découvrir sur Le Monde Diplomatique. Le 8 Avril 2007, le Parti Pour La Décroissance est né.

Attention, ne nous y trompons pas, le Réseau des Objecteurs de Croissance pour l’Après-Développement, Objectors To Growth International, la revue Politis, et le rapport Prospérité sans Croissance : La transition vers une économie durable de Tim JACKSON ne sont pas forcément des partisans de la décroissance bien que contre la croissance. Il existe aussi deux mouvements politique : l’Association d’Objecteurs de Croissance et le Parti des Objecteurs de Croissance. Dans toute cette information, l’Église de la Sainte Consommation nous promet que Que la Sainte Trinité Capital-Profit-Pognon nous accompagnera dans notre recueillement, l’Alter Tour permet de militer à bicyclette, Décroissance.biz nous offre de la liqueur à consommer sans modération, et le PicNic 4 Degrowth apporte la convivialité essentielle à ce mouvement.
Sobriété heureuse pour une évolution pérenne de notre civilisation !

Serge LATOUCHE, Ivan ILLICH, Nicholas GEORGESCU-ROEGEN, Jacques ELLUL, François PARTANT, Cornelius CASTORIADIS, Pierre RAHBI, Hervé KEMPF ont façonné le courant de pensé de la décroissance ou sobriété heureuse.
De plus, ce courant de fond est international : en Suisse avec Dé-croissance.ch ou le Réseau Objection Croissance Genève, Vaud, Neuchâtel, en Italie avec Decrescita, en Australie avec Slow Movement, en France avec Colibris Mouvement pour la terre et l'humanisme. De même le mouvement Slow Food en France et en Suisse ou dans le Léman vont dans le même sens. De plus le réseau des villes en transitions a débuté au Royaume-Uni avec le soutien du Post-Carbon Institute et promulgue une véritable culture de la transition associé à la permaculture.
Il existe aussi en France <http://www.transitionfrance.fr/, http://villesentransition.net/, http://www.transitionfrance.fr>, et en Suisse <http://transitionsuisse.ch/, http://transitiongeneveregion.net/> Il ne faut pas confondre cette approche globale avec les écovillages <http://gen.ecovillage.org/, http://www.rama.1901.org/ev/ http://www.ecovillages.eu/, http://www.gutwulfsdorf.de/>.
La Via Campesina, les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, le réseau cocagne, la Fédération Romande de l'Agriculture Contractuelle de Proximité, La Codda sont autant d’initiatives relatives à la mise en œuvre de ce mouvement.
Célébrons ce jour Médard de Noyon.

12:00
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