31/05/2010

L’argent est roi, mais d’autres types de monnaies sont indispensables

La double face de la monnaie - Vincent GAILLARD et Jérôme POLIDOR

doublefacemonnaie_g.jpgDistribué depuis 2006 par La Mare aux canards <www.lamare.org/double_face>, ce documentaire français traite des monnaies complémentaires dans un monde où l’argent est roi. Sur un ton ludique et pédagogique, expériences concrètes, analyses d’économistes et animations vous entraînent dans une réflexion au cœur de la double face de la monnaie, sur le fonctionnement du système monétaire, grâce à des hommes et des femmes qui n’ont pas la visibilité médiatique de leurs homologues libéraux. Il faut démystifier l’argent et reconsidérer notre perception de la richesse. Poser la question du bien fondé de la prédominance de l’argent sur toute autre richesse, conduit à une remise en question de beaucoup de nos valeurs, souvent profondément ancrées. En effet, l’argent est devenu la valeur centrale de nos sociétés et les individus, toujours à sa recherche, craignent d’en manquer comme une drogue. Beaucoup sont prêts à faire n’importe quoi pour s’en procurer. Tout le monde l’utilise, chacun s’emploie à s’en procurer, mais qui s’interroge sur sa nature ?

Aujourd’hui, toutes les décisions politiques sont justifiées par des contraintes économiques, présentées comme inéluctables, voire naturelles. Toute activité humaine doit dorénavant être rentable. Dérégulation, exploitation de l’homme, de la nature, sont ainsi acceptées fatalement avec un sentiment d’impuissance, sous prétexte de réalisme économique. La monnaie n’est pourtant pas naturelle, c’est une création humaine sensée favoriser l’échange et la création de richesse. Son émission, sa circulation, sa distribution en font un outil de domination et d’asservissement d’une partie de plus en plus grande de l’humanité, au profit d’un nombre de plus en plus réduit d’individus. La monnaie n’est pourtant pas naturelle, c’est une création humaine sensée favoriser l’échange et la création de richesse. Avant de pouvoir débattre de la monnaie, il faut en connaître les principes de base. Économistes, philosophes et sociologues expliquent que son émission, sa circulation, sa distribution en font un outil de domination et d’asservissement d’une partie de plus en plus grande de l’humanité, au profit d’un nombre de plus en plus réduit d’individus.


Remettre la monnaie à sa simple place d’intermédiaire d’échange entre les hommes et avec la nature

Il semble nécessaire de rappeler que l’argent n’est pas une fin mais un moyen. C’est un outil de création, d’échange et de redistribution de la richesse entre les hommes. Briser le mythe de la neutralité de l’argent, c’est montrer que chaque type de monnaie a une lourde influence sur les conditions de vie des hommes qui l’utilisent. Le passage à l’euro dans une dizaine de pays européens a suscité de vifs débats médiatiques notamment sur la souveraineté nationale. Mais qui a débattu de l’attribution du contrôle de l’euro à une banque centrale indépendante des processus démocratiques ? Qui a débattu du rôle des banques privées dans la création monétaire ?

Les monnaies complémentaires s’inscrivent au cœur d’un mouvement encore naissant d’économie solidaire. Tout comme le commerce équitable, les coopératives de production, elles proposent une inversion de la place de l’économie : l’économie au service de l’homme, et non l’homme au service de l’économie. Depuis la fin des années 90, des systèmes d’échanges complémentaires sont mis en place par des citoyens un peu partout dans le monde. La monnaie redevient un outil social, au service de l’homme.

Depuis le début des années 2000, des expériences ouvrent la voie à des transformations concrètes. Les monnaies complémentaires, répandues depuis quelques années à travers l’Europe et le monde, nourrissent le débat de manière constructive en apportant la démonstration factuelle que les échanges humains peuvent se réaliser en dehors des monnaies officielles, basées sur le principe de la rareté. Les participants à ces systèmes ont diverses motivations. Si les commerçants bavarois veulent soutenir l’économie de leur région grâce au Chiemgauer, les retraités anglais retrouvent dans la banque du temps le lien social que les mécanismes de la société de marché ont brisé. Pour une chômeuse parisienne, les Systèmes d’Echange Locaux sont un moyen de faire des économies. Tous ces systèmes sont des preuves concrètes que la monnaie peut redevenir un sujet de débat dans la société occidentale.

Des intervenants spécialisés sur la question monétaire

Bernard LIETAER

lietaer.jpgÉconomiste, il travaille depuis 25 ans dans différentes sphères du système monétaire, et a notamment participé à la création de l’euro <www.lietaer.com>. Il est Professeur de finance à Boulder dans le Colorado, et chercheur au Centre pour des ressources soutenables de l’université de Berkeley en Californie. Dans son livre Le Futur de l’argent, il présente différents scénarios d’évolution possible du système monétaire actuel.

Patrick VIVERET

400px-patrick_viveret.jpg« Dans sa face positive la monnaie est une source de pacification et de facilitation de l'échange ; dans sa face négative, c'est une source de rapports de domination, voire de guerre, c'est la logique de guerre économique. »

Philosophe, il est conseiller référendaire à la cour des comptes et fut rapporteur de la mission Nouveaux facteurs de richesse commandée par le secrétariat d’état à l’économie solidaire en 2002 <http://viveret.over-blog.com>. Il a publié en 2005 Pourquoi ça ne va pas plus mal ? et collabore actuellement à la conception de la monnaie complémentaire SOL en expérimentation dans plusieurs départements français.

Heloïsa PRIMAVERA

DSC08947.JPGSociologue, elle est professeur à la faculté des sciences économiques de Buenos-Aires. Elle a joué un rôle important dans les réseaux de trocs en Argentine, lors de la crise de 2001 <www.heloisaprimavera.com.ar>. Pour elle, ces réseaux ont permis de réinventer la vie en réinventant le marché. Animatrice du chantier Monnaie sociale au sein de la fondation Alliance 21, elle est promotrice des réseaux d’échanges en Amérique Latine.

Dominique PLIHON

24207_1_FR_250_200.jpgAujourd’hui professeur d’économie à l’université Paris Nord, il a été économiste à la Banque de France et au Commissariat général du Plan <www.politis.fr/_Dominique-Plihon>. Auteur de La monnaie et ses mécanismes et Le nouveau capitaliste, il publie des articles dans le Monde diplomatique et préside le conseil scientifique de l’association Attac.

Michael LINTON

90015576.jpeg« L’argent est une drogue… Nous devons guérir de cette obsession. »

Originaire du Royaume-Uni, il a conçu et mis en application le premier Système d’Echange Local au Canada, en 1982 <www.gmlets.u-net.com>. Diplômé d’école d'affaires (MBA), il est aujourd’hui spécialisé dans la conception de systèmes de développement et de gestion des monnaies complémentaires <www.openmoney.org>.

Margrit KENNEDY

kennedy1.jpg« L’argent est une des plus géniales inventions de l’humanité. Et le potentiel de cette invention pourrait réellement nous servir au lieu que nous soyons à son service. »

Docteur en affaires publiques et internationales, elle a pratiqué l’architecture et la planification urbaine dans de nombreux pays <www.margritkennedy.de>. Elle vit actuellement dans l’éco-village Lebensgarten à Steyerberg, en Basse-Saxe. En 1982, ses recherches en architecture écologique l’ont convaincue de l’impossibilité d’aboutir à des concepts écologiques sains, sans changer fondamentalement le système monétaire actuel et créer de nouvelles devises complémentaires.


Source : Dossier de Presse - La double face de la monnaie de Vincent GAILLARD et Jérôme POLIDOR - La Mare aux Canards / TINA Films.

Écrire un commentaire